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Hackathon, pas si con

Parmi les quelques buzzwords qui ont ponctué 2013, "hackathon" peut facilement se hisser dans le top 3. Très utilisé par les entreprises, publiques comme privées, le hackathon se serait éloigné de ses valeurs originelles - l’open source et l’expérimentation - pour devenir une opération de communication artificielle et stérile. Une vision partiellement juste, mais partiellement seulement. Explications.


Le hackathon sort la R&D de ses contraintes habituelles

Certes, on ne peut que constater que les hackathons se sont multipliés ces derniers mois, et pas seulement pour de bonnes raisons. Pour une entreprise, faire d’une "opération" hackathon, une vitrine de sa modernité, peut être tentant, même si le résultat de l’opération se révèle creux. Mobilisant "data", développeurs, de belles lignes de code sans oublier le diptyque pizza-bières.

Pourtant, les hackathons sont plus qu’utiles : ils permettent d’acculturer les entreprises à une nouvelle forme d’innovation. A travers eux, ce n’est pas l’innovation que découvre les entreprises, mais bien un moyen potentiellement plus efficace ou du moins différent d’en faire. Chacun comprendra que confier une idée ou une piste à une équipe R&D dans une certaine mesure prisonnière du quotidien de l’entreprise ou la livrer à un corps de développeurs, designers et tout un tas de passionnés divers d’un sujet ne donnera pas le même résultat.

Des idées folles. Donc infaisables ?

Dans le premier cas, vous aurez un projet carré, bien construit et conçu selon les logiques de l’entreprise - y compris ses travers. Par exemple et un peu caricaturalement, les équipes de R&D de EDF n’inventeront peut-être pas les services de demain, parce que les ingénieurs et chercheurs, coupés en partie d’un écosystème et d’usages extérieurs, ont intériorisé les logiques de business de l’entreprise, bornant inconsciemment leurs horizons de recherche.

C’est là qu’intervient "la magie" du second cas : des passionnés et professionnels extérieurs à l’entreprise ne sont, par définition, pas formatés par elle. L’horizon de leurs idées n’a pas de limites, pas de bornes inconscientes, pas d’intériorisation des contraintes internes. Les idées sont donc forcément folles ; parfois infaisables, mais parfois, aussi, inimaginables, au sens positif du terme, pour un chercheur de l’entreprise.

Une nouvelle manière de voir l’innovation

C’est là qu’est le réel apport des hackathons : non pas une innovation prête à l’emploi, compatible avec le business modèle dominant et installé mais dans la rencontre de deux cultures et façons d’aborder l’innovation ; au final, la plupart des hackathons débouchent sur des prototypes peu utilisables à court terme pour l’entreprise qui l’organise.

En revanche, la vision de l’innovation qu’auront apportée les développeurs et passionnés, sera radicalement différente que l’innovation habituellement portée dans l’entreprise. Brisant les contraintes intériorisées, elle ouvrira des possibilités que peu de R&D pourrait envisager. Et peut-être en naitront des pépites que l’entreprise souhaitera accélérer… à condition de trouver des formes intelligentes, gagnantes-gagnantes de collaboration avec les hackers, sans écraser leurs savoirs et leurs parti-pris. Et ça c’est déjà une autre histoire.


par Benjamin